Vendredi 4 juillet 2008
Dans tous les sondages, les statistiques on ne parle que de « catholiques pratiquants » et de « catholiques non pratiquants ».
Est-il permis d’être pratiquant non catholique !
POURQUOI PRATIQUANT ?
Parce qu’ avec le très grand âge j’ai de plus en plus besoin du Seigneur et que le partage eucharistique m’est indispensable pour tenir le coup dans un monde complètement déboussolé.
Parce que je suis profondément impressionné par l’Incarnation, au plein sens du terme. Le Christ a épousé pleinement notre condition humaine. Il naît d’une femme comme nous, il a faim, il a soif, comme nous, il connaît la souffrance, la joie comme nous, les déceptions comme nous, Il travaille pour gagner sa vie, comme nous, Il aime faire de bons repas, bien arrosés (rappelez vous les noces de Cana) avec de bons amis, comme nous.
Pour le repas Eucharistique la veille de sa passion Il aurait pu consacrer un de ces fruits admirables créés par son Père avec sa collaboration, une grappe de raisin par exemple. Mais en choisissant le pain et le vin fruits de la terre, de la vigne mais aussi du travail de l’Homme pour nous communiquer son amour il a voulu créer cette symbiose parfaite entre le divin et l’humain.
Parce qu’enfin Il nous a dit « Qui mange ma chair et boit mon sang, a la vie éternelle. Ill demeure en moi et moi en lui ». (Jean Vl 53/56)
POURQUOI « PAS CATHOLIQUE »
Bien que mes ancêtres aient été des protestants nîmois j’ai été baptisé, sans que l’on m’ait demandé mon avis, dans l’église catholique romaine qui entend monopoliser le message du Christ.Ne disait-on pas dans ma jeunesse « hors de l’église point de salut », qui refuse toute réforme et qui a trahi l’esprit de l’Aggiornamento de Jean XXlll. Je ne saurai donc m’en sentir solidaire.
L’histoire de l’Eglise Catholique Romaine n’est certes pas un long fleuve tranquille. S’il y a eu des élans mystiques prodigieux, comme au moyen âge, elle a connu aussi les pires vicissitudes : des papes dévoyés, des meurtres, des luttes pour le pouvoir entre Rome et
Avignon, l’inquisition, la vente des indulgences qui a entraîné l’interminable guerre entre catholiques et protestants etc.
C’est une institution humaine d’origine divine dans laquelle Satan a mis son grain de sel et fait du successeur de Pierre un Chef d’Etat
prestigieux dont la voix est entendue dans le monde entier.
Il est inutile de revenir sur le passé mais force est de constater qu’aujourd’hui bien des jeunes, même élevés dans des institutions catholiques ont cessé toutes pratiques religieuses. Pourquoi ? Cela pose question.
Jusqu’au début du siècle dernier l’Eglise catholique a pris en charge, presque en totalité l’enseignement, les soins hospitaliers, l’aide aux plus démunis d’une façon remarquable.
Le financement de ces institutions était assuré par la haute bourgeoisie. Et on voyait fleurir dans les couvents en lettres d’or sur fonds verts les noms des fondateurs, et des généreux donateurs.
Ainsi l’Eglise a t-elle du fermer les yeux sur bien des abus de pouvoir et les injustices des patrons catholiques.( pratiquement ils l’étaient tous en ces temps où 99 % des français étaient baptisés.) « Nécessité fait Loi », « Ne mords pas la main qui paye » disait Raymond Levy.
Aujourd’hui c’est la collectivité qui a pris en charge ces fonctions,
Aussi le Pape et les Evêques ont ils maintenant toute liberté d’expression.
Compte tenu de son aura internationale, le Pape ne reçoit-il pas la visite des chefs d’Etats et des grands de ce monde dans un décor digne de la cour du Roi Soleil. Ses paroles, grâce à la télévision sont entendues dans le monde entier.
N’aurait-il pas du et ne devrait-il rappeler à tous et tout spécialement aux patrons chrétiens, haut et fort, leurs responsabilités et leur devoir de justice et de partage..
Le péché par omission peut avoir des répercussions dramatiques.
A force de LAISSER FAIRE on en arrive à des manifestations sanglantes parfaitement justifiées, contre la faim, sur tous les continents. Les Haïtiens n’en arrivent-ils pas à manger des galettes de terre pour tromper leur faim !
Face à un système économique qui ne fait qu’appauvrir les plus pauvres pour enrichir les plus riches, le Pape peut-il rester muet ?
Aujourd’hui les spéculateurs céréaliers en faisant exploser les prix affament le monde entier, y compris dans les pays les plus industrialisés avec l’effondrement du pouvoir d’achat et le blocage des salaires.
Etait-ce une fatalité ?
Si l’Eglise avait pris en considération les mises en garde des Lacordaire, des Montalembert et surtout de ce professeur d’économie remarquable: Frédéric Ozanam, elle aurait sûrement rappelé aux patrons chrétiens que la fin ne saurait justifier les moyens et qu’ils devaient mettre en harmonie leurs comportements professionnels et les exigences de leur baptême qu’aucun prétexte de concurrence ne saurait leur faire oublier.
Alors ils n’auraient pas abusé de la terrible loi de l’offre et de la demande pour sous payer leur personnel et lui imposer des conditions de travail inhumaines. N’a t-il pas fallu une Loi pour interdire le travail des enfants de 6 à 8 ans dans les mines !
Il aurait fallu que le Pape demande à tous les curés de paroisse de rappeler sans cesse en chaire ce que veux dire concrètement « Heureux sont ceux qui ont faim et soif de Justice » (MAT V 6) et que cela devait se traduire non par des vœux pieux mais par des actes.
Cependant, face à cette explosion industrielle, les papes au lieu d’oser condamner haut et fort les pratiques de certains patrons comme l’avait fait courageusement le prophète AMOS au risque de sa vie :
« Ecoutez ceci vous qui dévorez l’indigent et qui ruinez les « malheureux du pays.
« Vous dites ; quand le nouvelle lune sera t-elle passée afin que nous « vendions du blé. Nous diminuerons l’épha, nous augmenterons les « prix. Nous falsifierons les balances pour tromper, puis ,nous « achèterons les misérables pour de l’argent et le pauvre pour une « paire de souliers. Et nous vendrons la criblure de froment »
ils se sont contenté de rédiger en style ésotérique quelques encycliques que personne ne lisait !
Ainsi l’Eglise a fermé et ferme encore les yeux sur toutes les dérives de l’économie de marché :
-les manipulations psychologiques des publicitaires essentiellement à base érotique, afin de faire sauter tous les tabous sexuels religieux, familiaux et déculpabiliser ainsi le gaspillage éhonté que nous connaissons.
Ils se sont attaqué en priorité au maillon le plus faible: les enfants, petits consommateurs mais qui ruinent leurs parents avec les « marques » et exercent sur eux une forte pression lorsqu’il s’agit de l’achat de la voiture ou du choix des vacances.
Ils ont oublié cette terrible condamnation du Christ « Quiconque scandalise l’un de ces petits qui croit en moi, il est préférable pour lui qu’on lui suspende une meule d’âne autour du cou et qu’on le jette à la mer » (MAT XVlll 6)
-l’abus des ventes à crédit….combien de suicides et de drames pour surendettement !
-la spéculation qui nous a conduit dans l’impasse où nous nous trouvons aujourd’hui.
Mais cette condamnation drastique de ces méthodes n’a pas encore eu lieu.
L’église catholique romaine reste donc l’église des nantis.
Le Cardinal Liénart, Evêque de Lille ne disait-il pas au moment où les prêtres ouvriers ont été interdits : « Il ne fait aucun doute que l’opinion publique, dans son ensemble, conclura que l’église abandonne le monde des travailleurs ».
Alors ne peut-on rêver aujourd’hui d’une église pauvre, d’une église des pauvres qui incarne la simplicité du message évangélique; d’un pape en robe de bure comme celui dont nous a fait rêver dans les années 6O Maurice West, n’hésitant pas à aller dans les bas quartiers rencontrer les blessés de la vie, les prostitués, comme à tenté de le faire Monseigneur Gaillot….vite ramené dans le « droit chemin » !
Un pape choisi non pour ses capacités intellectuelles, sa culture, ses connaissances théologiques mais pour son témoignage d’Amour, comme un Abbé Pierre ou une Mère Thérésa.
Une église dépouillée de son appareil administratif pléthorique.
Avec ses Juristes du droit canon. « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés » ( MAT Vll 1)
Avec ces 2OOO personnes qui gravitent autour du pape, sa curie, ses cardinaux, ses ambassadeurs, ses présidents de commissions, ses
5.OOO salariés.
S’il a suffit à Jésus de 3 ans pour faire de 12 pécheurs incultes, des missionnaires, chargés de famille qui ont été capables de porter son témoignage jusqu’aux extrémités de la terre, il faut aujourd’hui plus de 5 années d’études pour former un prêtre, sûrement 2 ou 3 pour former un diacre qui n’a même pas le droit de partager le pain et le vin comme le faisaient tout simplement des Pères de famille au temps des premiers chrétiens ! « Je te rends grâce Père d’avoir caché aux intelligents ce que tu as révélé aux petits »
Enfin une Eglise libéré de la lettre qui tue mais animée par l’esprit qui vivifie.
Une église qui renonce enfin à son autoritarisme que ne saurait accepter aujourd’hui les jeunes et les moins jeunes et mette chacun face à ses responsabilité
Une église tolérante comme l’était Jésus :
Jean dit à Jésus « Nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom, quelqu’un qui ne nous suit pas et nous avons voulu l’en empêcher parce qu’il ne nous suivait pas ». Mais Jésus répondit : « Ne l’en empêchez pas, car il n’y a personne qui, faisant des miracles en mon nom , puisse bientôt après parler mal de moi. Qui n’est pas contre nous est pour nous. » (MARC lX 38)
Au lieu d’exclure des sacrements tous les divorcés sans tenir compte des cas particuliers de chacun,
Le seul apte à juger n’est-il pas le curé de chaque paroisse qui connaît bien ses ouailles, et d’excommunier tous ceux qui, se référant au Christ , ne sont pas dans le giron de l’Eglise catholique.
« L’Eglise est un jardin où tout le monde peut entrer et non un Musée des antiquités » disait Jean XXlll . Le redeviendra t-elle un jour !
« JUGEZ PAR VOUS-MEME DE CE QUI EST JUSTE » (LUC Xll 57)
cette parole ESSENTIELLE qui est bien rarement commentées dans les homélies.
La réforme de l’église paraît absolument nécessaire, notamment en ce qui concerne le célibat des prêtres à l’origine de tant de sombres drames de la pédophilie.
Benoit XVl n’a t–il pas du, dernièrement, aller s’en excuser aux U.S.A et dédommager les victimes.
Inventé au Xll siècle quand il y avait probablement surabondance de vocations, rien ne saurait le justifier aujourd’hui puisqu’à l’évidence les apôtres étaient mariés et que nous manquons cruellement de prêtres.
Les trésors artistiques de l’église catholique ne devraient-ils pas trouver leur place dans les musées comme le suggérait l’Abbé Pierre ! Quant aux tenues d’un autre temps aussi somptueuses que ridicules dont s’affublent le pape et les prélats français elles feraient le bonheur des costumiers de théâtre ou de cinéma !
J’ai beaucoup hésité à coucher sur le papier ces quelques réflexions… « ne jugez pas et vous ne serez pas jugé » qui peuvent heurter certains fidèles pratiquants .
Il ne s’agit pas de critiquer mais simplement d’oser regarder les choses en face dont certaines merveilleuses se font chaque jour dans l’Eglise ; mais si elle veut s’ouvrir aux attentes des jeunes sans trahir le dogme, il paraît indispensable de remettre en question un certain nombre de choses ;de prendre conscience, moi le premier de nos responsabilités, de la distorsion entre l’Evangile du Christ et nos comportements aussi bien dans le domaine professionnel que familial ou social.
Mais si l’Eglise Catholique veut répondre aux attentes des jeunes…..et des moins jeunes, un véritable AGGIORNAMENTO paraît nécessaire.
Mais quel Pape osera lancer la réforme fondamentale de cette énorm machine administrative !
Et pourtant n’est-elle pas indispensable si on veut que les jeunes découvrent ce trésor merveilleux que nous a laissé le Christ.
Alors que peut faire un chrétien sinon, prier le Père d’émonder sa vigne pour qu’elle porte beaucoup de fruits. Prier et prier encore l’Esprit Saint d’ éclairer le souverain pontife pour qu’il prenne conscience de cette distorsion entre la simplicité du message du Christ, la pauvreté de l’église primitive et la complexité des textes dus à la vanité de nos théologiens et les richesse de celle d’aujourd’hui. et nous ramène dans le droit chemin.
Faisons Lui confiance rien n’est impossible à Dieu.
Il ne s’agit pas de convaincre mais de faire réfléchir disait Georges Braque.
L’ inconnu
Au cas où vous souhaiteriez faire connaître à vos amis ces quelques réflexions, n’hésitez pas
à en demander O4 76 42 56 29
quelques exemplaires à hubert Gignoux 1O rue Boileau 387OO la Tronche isous
Par Hubert Gignoux
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Publié dans : société
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