Monsieur le Président Directeur Général,
Bien joué cette métamorphose des « blancs battus à 4O % » qui, en Décembre ont disparu de vos rayons, devenus « fromages frais onctueux à 4O % » tout aussi délicieux avec un bon petit coup de pouce au passage.
Il n’y a plus aujourd’hui de clients à satisfaire mais des consommateurs à plumer.
N’est-ce pas le jeu normal de l’économie de marché !
Vous ne faites que votre devoir. En effet comme le constate Jean Peyrelevade qui après avoir profité au maximum système, n’hésite pas à le dénoncer dans son récent ouvrage « LE CAPITALISME TOTAL » qui se vend comme des petits pains.
Il dit dans son introduction « Les dirigeants d’entreprises ne sont plus que les serviteurs des actionnaires dont ils poursuivent l’enrichissement, AUCUNE AUTRE PREOCCUPATION NE PEUT PLUS INSPIRER LEUR ACTION »..
Dès lors, à partir de petites entourloupettes commerciales comme celle-ci , c’est l’escalade et on en arrive progressivement à toutes les dérives de notre civilisation de gaspillage :
- Viol de notre liberté la plus précieuse, celle de penser avec cette manipulation psychologique scandaleuse des médias qui s’attaquent à notre subconscient, matraquage publicitaire pour nous rendre indispensable le superflu, exploitation systématique de nos pulsions sexuelles ou gustatives par les agences de publicité et les médias, destruction systématique des valeurs morales,
- Violence des « casseurs » frustrés de ne pouvoir s’offrir Tout Tout de suite
- Misère matérielle et morale des chômeurs, des exclus à l’évidence de plus en plus nombreux comme on le constate aux Restos du Cœur
- Surendettement des ménages,
- Guerre des prix, bas salaires, heures supplémentaires sans changement de rémunération, SMIG ne permettant pas de vivre dignement, délocalisations honteuses, exploitant la misère des plus pauvres, leur imposant notre gaspillage, jetant à la rue sans pitié nos concitoyens par milliers,
- Pots de vin et compromission inévitables des cadres tenus de respecter coûte que coûte les objectifs imposés par les directions au risque de perdre leur emploi..
Aussi on comprend que ces actionnaires, qu’il faut à tout prix satisfaire, soient prêts à payer à prix d’or de tels dirigeants qui, du moins dans le domaine professionnel, font fi de toute morale.
Aujourd’hui chacun n’étant guidé par SON intérêt, on ne peut plus faire confiance à
personne, pas plus d’ailleurs à son médecin qu’à son garagiste et moins encore à nos « politiques » qui ne cessent de nous mentir.
C’est seulement avec quelques commerçants ou artisans de proximité que peut se créer un certain climat de confiance..
Des mots comme justice, sociale, égalité des chances, convivialité ne devraient-ils pas être rayés du dictionnaire car les soixantehuitards d’hier sont aujourd’hui les P.D.G. des multinationales.
Si je prends prétexte de cet incident négligeable pour vous adresser cette lettre c’est parce qu’il est important que chacun prenne conscience de la perversité du Capitalisme spéculatif , dépravation du libéralisme équitable, qui nous avait conduit aux 3O GLORIEUSES et dont nous nous sommes aujourd’hui prisonniers.
Si la révolution d’Octobre 2OO5 parvenait à TRANSFORMER LES CASSEURS
EN ELECTEURS tous les espoirs seraient permis.
Car il n’y a que les jeunes de tous les pays qui puissent aujourd’hui s’unir pour nous sortir de l’impasse dans laquelle les américains ont fourvoyé le monde entier avec leur TOUT ARGENT .
Elle débouche fatalement sur la destruction de la planète car aujourd’hui L’INTERET PRIVE DOMINE L’INTERET GENERAL.
Croyez vous sérieusement que la relance incessante de la consommation par tous les
moyens, que nous prêchent nos politiques de droite comme de gauche et nos économistes, soit en mesure de nous sortir de cette impasse ?
Veuillez croire Monsieur le Président à ma haute considération..
(l) lettre adressée éffectivement au P.D.G. de Carrefour France.
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