Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 11:02

 

Bonjour à tous, 

Merci d'être avec nous pour accompagner Hubert. 

Votre présence ici montre que  tous vous avez partagé avec lui de riches moments.

 Ceci à différentes  périodes de sa vie  selon que vous soyez vieux  amis, cousins , enfants et neveux, amis plus récents qui sont souvent nos amis, petits enfants, arrière petits enfants, jusqu'à ces derniers amis résidants et personnel de cette Maison qui l'ont si bien entourés jusqu'à son dernier souffle.

Aussi pour tous, je voudrais replacer papa en perspective ( papa  adorait la perspective).

Hubert, petit dernier après 4 frères et une sœur arrive,le 22 janvier 1917 dans une famille lyonnaise catholique plutôt aisée. 

Sa mère Yvonne Garel peintre et musicienne fille du docteur  Jean Garel célèbre laryngologiste lyonnais ( il a inventé le bistouri électrique, ne pas confondre avec Alexis Garel) , son père Claude Gignoux ingénieur était très fantaisiste j'oserai presque dire  excentrique. 

Hubert  ne peut renier ses gènes ( mais l'ADN à cette époque était encore à inventer!)

Son père Claude (mon grand père) démarre à Grenoble une petite entreprise de cuir tressé et la famille s' y  installe.

Les affaires marchent bien. Vie de famille nombreuse unie, gais, dessins, sport, scoutisme. Scolarité cahin-caha à l'Externat Notre Dame. Hubert dyslexique avant que le mot n'existe avait ce snobisme d'être fier de ne pas avoir eu son bac.

Mais sa première vocation c'est être artiste, en 1936 il est reçu à l'école des beaux-arts de Grenoble. C'est l'époque agitée du front populaire et sur le plan technique les premières radio à tubes (avant c’était les postes à galène).

Puis après son  service militaire dans le génie, il commence à travailler chez son père tout en sculptant une série de bas-reliefs religieux, talent que  seule notre soeur a fait fructifier.

Il est aussi routier et y rencontre un prête remarquable : le père Micoud qui l'a accompagné spirituellement toute sa vie. Il nous a souvent raconté cette messe célébrée pour la route au sommet du Pic Coolidge ( 3436m) .

1940 on rentre dans les sombres années de la guerre.  Heureusement pour nous il est réformé, j'imagine à cause de son pouce droit, remplacé par son orteil droit, une première chirurgicale à l'époque. 

C'est aussi son mariage avec Cécile Biron, Cilette dont le père Papy Biron était le seul pharmacien Laborantin de Grenoble, personnage très attachant et que papa  et nous aimions beaucoup.

Cette même année, papy est monté à la grande Chartreuse pour accueillir les chartreux qui revenaient d’un long exil. Ils en avaient été chassés en 1903 par des soldats pleurant et honteux de cette mission et papy était déjà là pour les soutenir. Pour cela il a été fait chevalier de l’ordre de Saint Grégoire. Papy c’est aussi lui qui nous emmenait déjà dans cette maison des petites sœurs alors qu’il y était bénévole et bienfaiteur.

Cilette et Hubert ont une vie sociale excessivement riche, avec énormément d'amis (il écrit même que les enfants passaient parfois au deuxième plan, on s'en était déjà aperçu !).

Ce sont  déjà avec Cilette des bridgeurs redoutables.

C'est la guerre, les privations, le retour de Yoyo son beau-frère évadé d'un train le déportant en allemagne, le retour après 8 mois de captivité de François Biron, beau frère et meilleur ami.

Grenoble est en zone libre et la vie continue. Hubert invente : le Télébloc, idée géniale qui comme il le dit lui même : « heureusement ne le conduira pas à la fortune » mais hélas lui prendra beaucoup de temps et d'argent sans compter les soucis ». Ce gêne inventif s'est ré exprimé  dans la descendance directe, voir même la suivante.

Contexte technique : les premiers poste de télévision apparaissent

C'est l'après-guerre. 

1945 une épreuve : son frère préféré, Roger, officier de marine, meurt accidentellement. 

Les affaires ne marchent pas très bien. Papa entre comme ingénieur Information et Promotion des Ventes à Merlin Gerin .Vous avez peut-être remarqué son admiration pour ce grand patron  Paul Louis Merlin. 

C'est à partir de cette époque que la concordance entre sa foi et l'économie industrielle l'interroge. Il fait partie de l'ACI ( action catholique des milieux indépendants ) et nous nous souvenons des discussions enflammées de ce groupe parfois dans notre salon. 

En 1957 il s'installe à son propre compte faisant du "marketting" avant que le mot n'existe, aidé plus tard par Jean-Pierre qui sera son dernier compagnon professionnel.

Contexte technique:   le spoutnik

1983, à  66 ans, c’est la retraite qu'il supporte très mal, il trouve dans l'écriture et comme conférencier où engager son énergie débordante et dévorante pour diffuser ses idées

A 80 ans il se met à l’ordinateur pour être en contact avec tous ses enfants et petits enfants puis avec le village monde grâce à Google et surtout pour écrire. 

À la fois  curieux et critique de l'évolution technique  il est prêt à en prendre les bons côtés et  grâce à son petit-fils Christophe il crée son Blog en 2007.

Mais 2007 c'est l'épreuve terrible, Cilette sa femme très chérie qui était son "gouvernail" meurt. Il a surmonté cela avec un immense courage, mais en est resté très affecté.

Et la suite, vous la connaissez sans doute.

Sans force physique et  avec de gros ennuis de santé, armé d’une volonté de fer, il a voulu vivre la vie pleinement, de façon autonome, entourant ses enfants, petits-enfants, ses amis, s'en faisant toujours de nouveaux. 

Toujours aussi curieux de l'évolution de la société :

( il a parcouru à pied la Tronche pour  trouver où voter pour la primaire socialiste ), toujours plein d'idées et de projets, toujours fidèle aux engagements de sa jeunesse de foi, d'amour et de charité.

Parmi tant de traits dont je me souvienne et que je peux faire partager, il avait cette particularité d'être aussi à l'aise avec un ministre, qu'avec un auto-stoppeur qu'il invitait à dîner à la maison. En tous il voyait l'homme et non pas l'habit ou le titre.

Toujours jeune avec un corps complètement usé, il nous a quittés paisiblement, nous laissant  désemparés. Mais comme il l'a écrit "pas de larmes". 

Il n'y a plus qu'à suivre son exemple :  Vivons pleinement !

Claude

Ma Maison le 26 janvier 2012



 

 

 

Par Claude Gignoux - Publié dans : Témoignages
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Présentation

La civilisation de consommation nous a conduit dans un impasse:
- les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus nombreux  même dans les pays industrialisés
- la relation de confiance qui existait à l'échelle du village il y a un siècle a fait place à l'opposition d'intéret permanente entre patrons et ouviers, entre fournisseur et client
- les licenciements massifs
- l'escalade de la violence et la perte du sens moral
- la manipulation psychologique des publicitaires nous met dans un perpétuel état de frustration
- la pollution industrielle est telle que la planète est directement menacée
Un changement drastique des mentalités semble aujord'hui  indispensable. Y réfléchir ensemble,  faire pression sur nos "politiques"pour qu'ils fassent cesser cee monopole de l'argent, cause de cette décadence. Telle est la raison d'être de ce blog.

Hubert Gignoux


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D’obédience chrétienne 6 enfants, 16 petits enfants, 14 arrières petits enfants. 1936 Admission aux Beaux Arts (Architecture) 4O/48 cadre en dans la maroquinerie familiale 48/52 artisan maroquinier 52/57  cadre responsable du service Information Promotion des ventes de MERLIN GERIN aujourd’hui Schneider 57/83 Conseil Marketing industriel, essentiellement auprès de Merlin Gerin. Hubert Gignoux nous a quitté le 21 Janvier 2012

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